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Centenaire du Prix Goncourt décerné à Marcel Proust

PRINTEMPS PROUSTIEN

À l’initiative du Conseil Départemental d’Eure-et-Loir, le Printemps Proustien célèbre, du 11 au 19 mai 2019, le centenaire du Prix Goncourt décerné à Marcel Proust pour À l’ombre des jeunes filles à travers dix jours de festivités culturelles. Le fil rouge du festival est triple : Proust, le Goncourt et la Belle Époque. L’occasion de se plonger dans l’univers et l’époque de Marcel Proust et d’accueillir tous les publics.

Quand Proust se voit attribuer le prix Goncourt, cette distinction est encore toute récente. Elle a été instituée par testament par Edmond de Goncourt (1822-1896), en souvenir de son frère Jules (1830-1870). Le but du frère survivant était de perpétuer pour longtemps la mémoire de leur nom de romanciers, et de doter chaque année un jeune écrivain de talent d’une somme (une rente de 5 000 francs par an) dont le revenu à l’époque lui permettrait de ne vivre qu’au service des Lettres ; il s’agissait aussi de faire pièce à l’Académie française, qui négligeait le roman et les romanciers au profit des poètes et des dramaturges : aussi l’Académie réagira-t-elle en créant, en 1915, son Grand prix du roman.

À l’issue d’un procès contre ces dispositions des héritiers des Goncourt, le prix ne commence à être décerné qu’en 1903. La majorité des écrivains composant le jury sont issus du roman naturaliste (Léon Daudet succédant à son père, Joris-Karl Huysmans, les frères Rosny, Léon Hennique). Après une série de prix accordés à des romans de facture classique, volontiers provinciaux, il est surtout rendu hommage, à partir de 1914, à la littérature de guerre : L’Appel du sol d’Adrien Bertrand, Gaspard de René Benjamin, Le Feu d’Henri Barbusse, La Flamme au poing d’Henry Malherbe, Civilisation de Georges Duhamel.

 

© Bibliothèque nationele de France / gallica.bnf.fr

 

L’attribution du prix en 1919 à Marcel Proust pour À l’ombre des jeunes filles en fleurs est en conséquence diversement perçue. Le principal concurrent était Roland Dorgelès pour Les Croix de bois, et en regard de cette lignée de romans héroïques, le titre même du roman primé paraît à certains futile et désactualisé ; on conteste aussi l’âge et la fortune (que l’on se hâte d’exagérer) du lauréat.

Mais c’est de fait la première fois qu’une œuvre devant relever du patrimoine mondial fait son entrée dans le prix Goncourt, le jury prouvant à cette occasion sa capacité à discerner à ses débuts l’un des futurs écrivains principaux du siècle à venir. Un coup de projecteur est ainsi tourné vers une œuvre de longue haleine (il s’agit du deuxième volume d’un cycle romanesque qui en comportera sept), et Proust passe sans transition d’une relative notoriété à la célébrité nationale et bientôt internationale.

Depuis qu’il avait entrepris la Recherche en 1908, Proust se demandait si cet étrange objet naissant sous sa plume était bien un roman. C’est ce prix qui l’impose comme romancier. Dans Le Temps retrouvé, le héros lira un passage (imaginaire) du Journal des Goncourt où apparaît, à la faveur d’un brillant pastiche, toute la société des Verdurin reflétée dans l’univers et le style des deux frères.

Luc Fraisse, Président du Printemps Proustien

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À l’initiative du Conseil Départemental d’Eure-et-Loir, un événement placé sous le haut patronage de l’Académie Goncourt, avec le soutien de l’Institut Universitaire de France et en partenariat avec le magazine Lire.

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